GUERISON ET TBSI

 

Journée d’Etude du 26 Septembre 2015 Bordeaux

 

 

 

TROIS  CURES  TBSI

 

Je vais vous présenter 3 cures TBSI. Bien sûr les noms et quelques éléments ont été modifiés, pour préserver l’anonymat.

 

La cure d’Evelyne

 

Voici la cure d’EVELYNE en 4 séances. Evelyne a 42 ans, elle est mariée et travaille dans une pharmacie dans le Midi. Elle appelle pour prendre RV pour son fils de 8 ans, Jérémy, qui dit-elle présente une hyperactivité…

 

Le thérapeute lui propose que ce soit l’un des parents qui vienne, pour parler de cette situation car il ne reçoit pas les enfants. C‘est donc la maman qui vient.

 

Dès la première séance, le thérapeute est dans l’alliance, il se sent touché par cette mère, et va de suite dans le vécu : en demandant = « que ressentez-vous face à cet enfant ? » la maman répond qu’elle est énervée, au bord d’elle-même, le thérapeute reformule et lui demande ce que ça fait « d’être au bord de vous-même ? »

 

La colère qu’exprime alors Evelyne va aussi être accompagnée et creusée : le thérapeute propose plusieurs émotions qui pourraient être derrière cette colère, et là arrive la tristesse que ressent Evelyne sans « bien comprendre pourquoi »

En étant à l’écoute de son propre ressenti, le thérapeute demande alors s’il y a d’autres enfants. Evelyne parle de deux enfants, nés avant Jérémy, une grande sœur de 14 ans et un garçon décédé à l’âge de 8 mois. Elle dit aussi qu’elle a fait ce deuil en allant voir une psychologue et qu’elle ne souhaite pas en parler. Le thérapeute valide = «vous  avez fait le deuil et vous ne souhaitez plus en parler. »

 

A ces mots, la patiente dit que ce fut trop difficile et parle de ce bébé  qui « ne bougeait pas ». Elle dit son impuissance face à la douleur qu’il avait, qu’elle ne pouvait plus supporter cette souffrance et le thérapeute accompagne en reformulant, et ressentant en lui ce désespoir.

 

Puis comme nous sommes en TBSI, il propose à la patiente d’aller voir du côté des changements, = « qu’aimeriez-vous voir changer ? »

 

Ce changement, serait que son fils soit plus indépendant, le thérapeute reformule et ramène à elle, la maman : « comment vous vous sentiriez si votre fils gagnait en indépendance ? »…  et ce qui apparait c’est un sentiment de liberté.

 

Puis le thérapeute demande ce que la patiente a déjà essayé en cherchant à ce que la patiente lui dise tout ce qu’elle a tenté pour résoudre cette question des relations mère-enfant, cela permettra de chercher une autre piste de solutions pour la nouvelle petite expérience.

 

Le thérapeute va ensuite proposer à sa patiente une des techniques TBSI, pour cette séance 1 de la cure d’Evelyne, ce sera le travail sur les diverses parties du psychisme.

 

Le thérapeute demande à Evelyne si elle connait cette façon de faire (car elle a fait plusieurs fois un travail psychothérapique, dont un après le décès de son 2° enfant), elle ne connait pas… et elle accepte cette proposition.

 

Ensemble, ils cherchent quelles sont ces 2 parties d’elle qui pourraient être en conflit interne et que le travail permettrait de mieux comprendre. Evelyne est très émue, elle parle de la partie d’elle qui souhaitait la mort de son BB afin qu’il ne souffre plus, et de la partie d’elle qu’elle a muselé et qui souhaitait elle, qu’il vive ! Elle  les nomme : il y a la FAIBLE et la FORTE.

 

Le thérapeute toujours en alliance et d’ailleurs très ému lui-même, guide sa patiente dans un dialogue entre ces deux parties : lors de ce dialogue, il continue à reformuler, à accompagner les émotions.

 

Et lors de ce dialogue, la patiente fait une prise de conscience importante : en fait la FAIBLE reprochant à la FORTE de tout contrôler, même ses pleurs, lui dit ceci : « tu te rends compte que tu reproches aujourd’hui à Jérémy tout ce que tu aurais aimé que ton BB fasse ? »

 

Cette question posée par la partie qu’Evelyne a appelé la FAIBLE amène un silence, des larmes aux yeux… Le thérapeute reformule exactement et la patiente éclate en sanglots. Elle prend conscience d’une force en elle qui reproche à Jérémy de trop bouger, c’est elle qui le dit : « je ne m’étais jamais autorisée à faire le deuil de mon BB, comme ça vous comprenez il restait encore avec moi… je reproche à Jérémy malgré moi d’être en vie. Peut-être même que je l’empêche d’être en vie comme il aurait envie »

Le thérapeute recadre en proposant que c’est une partie d’elle seulement qui reproche à Jérémy d’être en vie et normalise que les souffrances vécues par cette mère en deuil ont mis une partie d’elle-même en opposition avec le caractère trop vivant de Jérémy.

 

Il est temps maintenant d’aller sur la fin de la séance,  et le thérapeute amène doucement la patiente à l’y accompagner…  ils vont chercher ensemble ce que pourrait être une petite nouvelle expérience et vont aboutir à l’idée qu’Evelyne laisse 1 fois, Jérémy faire seul ses devoirs. Ce que bien sûr elle ne fait jamais d’habitude. Alors qu’en fait, cela pourrait aller vers une plus grande autonomie de cet enfant, et donc vers ce sentiment de liberté recherché par cette mère lors de la demande de changement. Il est à noter que cette maman envisageait, dans la foulée des changements possibles à mettre en place, de laisser son fils faire ses devoirs seul tous les jours. Le thérapeute a réduit cette expérience à une seule fois, cela parait plus réalisable…

 

Le thérapeute propose alors une échelle de faisabilité, cela permet, pour le patient, de fixer son souhait d’aller sur cette nouvelle expérience, Evelyne dit 9 sur une échelle de 0 à 10 = 0 l’expérience ne se fera pas et 10 elle sera réalisée. Le thérapeute valide ce chiffre et donc la motivation de la patiente.

 

Séance 2

 

Evelyne arrive métamorphosée, elle a changé de look, elle est allée chez le coiffeur, elle parait plus féminine.

 

Le thérapeute demande ce qui se passe pour elle : « je vais super bien, je suis sortie d’un trou noir, j’ai réalisé que je m’étais arrêtée de vivre… » et elle dit ce qui a changé pour elle :

  • les rapports avec son fils : il est plus calme, plus autonome et sollicite moins sa maman.
  • Elle a changé : elle ne prend plus tout en charge, elle dit non !
  • et elle s’est mise au régime afin de perdre quelques kilos

 

Quand le thérapeute lui demande comment elle a fait, Evelyne dit qu’elle a pu dire au revoir à son BB mort, elle est très émue…

 

Puis le thérapeute demande à Evelyne, ce dont elle aimerait parler à cette séance.

C’est la culpabilité vis-à-vis de son fils : elle ne sait pas comment faire avec lui maintenant, comment réparer les dégâts… Le thérapeute lui demande ce qu’elle ressent aujourd’hui face à son enfant, elle culpabilise et dit qu’il est quand même un petit garçon difficile à gérer et qu’elle l’a surprotégé pour le garder.

Elle aimerait être plus sereine, moins culpabiliser.

 

La thérapeute va proposer à sa patiente de travailler sur ses compétences en lui demandant comment c’est pour elle lorsqu’elle est plus sereine avec son fils. Et Evelyne raconte une chouette semaine de vacances où ils ont partagé de vrais moments de complicité.

 

Dans ce que la TBCS nomme « la question miracle », Evelyne raconte une journée idéale en famille, et en le racontant, elle « vit » un vrai bon moment de détente pour elle pendant que son fils fait ses devoirs et s’occupe seul.

 

Après la fin de la séance, au moment de régler, Evelyne demande un nouveau RV très rapidement, si possible ce même jour… ! elle dit qu’elle a beaucoup avancé et qu’il y a quelque chose dont elle aimerait parler : ce qu’elle a subi petite fille... un inceste. Le thérapeute lui propose de revenir plutôt un autre jour et, tout en étant très accompagnant (par une voix douce et compréhensive),  lui propose d’en parler lors du prochain RV.

 

Ce qu’on peut voir, c’est que le travail fait dans ces 2 premières séances, cette alliance entre Evelyne et son thérapeute lui ont donné confiance : ça marche, il y a des changements et elle sent qu’elle peut se confier à lui.

 

Bien sûr c’est difficile pour les thérapeutes de laisser partir une personne qui confie quelque chose de lourd, de douloureux sur le pas de la porte, mais en même temps il y a comme une forme de confiance en la personne, en la laissant partir avec ça… elle vit avec ça depuis un certain temps, elle l’a dit à son thérapeute, elle en reparlera la prochaine fois si elle le souhaite…

 

Séance 3 

 

Les changements sont toujours là : Evelyne parait plus gracieuse, elle est souriante. Elle dit aller de mieux en mieux, sortir de la grisaille et enfin voir le soleil. Elle a discuté calmement avec son mari et ils ont décidé, en accord avec Jérémy qui en parait tout content, de l’inscrire en pension pour l’année scolaire suivante. Elle veut lui offrir cette indépendance dont elle dit l’avoir privé toutes ces années.

 

Elle dit aussi qu’elle a encore des choses à régler dont ce vécu de viols répétés par son père depuis ses 8 ans jusqu’à son adolescence. Elle en a parlé à sa mère (son père est décédé) et elles se sont fâchées, Evelyne n’ayant pas été accueillie avec sa souffrance. Elle se sent rejetée par toute sa famille et parle d’une immense colère. Elle dit que cette colère la tétanise, comme lorsque son père abusait d’elle. Dans ces moments-là, elle ne bougeait pas et ne s’autorisait pas à pleurer. Elle ne disait rien à personne à l’époque et surtout pas à sa mère, car elle avait trop peur d’avoir fait quelque chose de mal. Elle pleure en évoquant cela. Elle se reproche de n’avoir rien fait pour que ça s’arrête : «  je n’ai pas crié, je n’ai rien dit, je ne me suis pas débattue, je n’ai rien fait… »  Le thérapeute reformule et propose à Evelyne de voir qu’une petite fille n’a pas les mêmes armes qu’une adulte, et, qu’enfant,  elle n’avait sans doute pas d’autre solution que ne rien dire…

 

Evelyne sèche ses  larmes et reconnait qu’enfant, elle  n’avait pas les mêmes solutions qu’aujourd’hui, où elle peut dire les choses.

 

Sa demande, pour cette séance, porte sur son désir d’avoir une sexualité normale avec son mari. Elle accepte les relations sexuelles, mais elle en souffre et dit que son mari doit en souffrir aussi. Le thérapeute valide et accompagne tout au long de cet échange.

 

Evelyne n’a jamais essayé de résoudre ce problème, elle se disait qu’ayant été violée, c’était normal qu’elle souffre et qu’elle ne ressente pas de désir sexuel.

Le thérapeute propose alors de faire de nouveau un travail sur les parties du psychisme, Evelyne  accepte bien volontiers et met en avant la partie qui a envie de bouger et celle qui est figée : elle les nomme L’adulte et L’enfant et ces noms la mettent dans une profonde émotion, elle pleure beaucoup.

 

L’enfant demande pourquoi elle ? pourquoi sa mère n’a rien vu ?  pourquoi on l’a laissée dans une telle souffrance ?

 

L’adulte répond que c’est vraiment injuste, mais que maintenant, elle est adulte et elle peut faire des choix, dont  celui d’être heureuse.

 

L’enfant crie : qu’est-ce que je suis moi ? rien, je ne suis rien, je n’ai pas le droit d’exister en tant que petite fille… pourquoi je suis venue au monde ? pour souffrir ? ma mère aurait dû voir que j’allais mal, que je grossissais, que je ne riais plus… j’avais besoin d’une maman, j’avais tellement besoin d’une maman.

 

Evelyne pleure à chaudes larmes, son thérapeute est très ému.

 

Il lui demande ce que, elle, adulte aujourd’hui pourrait dire à cette petite fille. En tant qu’adulte actuelle, elle parle à cette enfant qu’elle était. Elle lui dit qu’une maman fait de son mieux, que ce n’est pas toujours facile, que cette petite fille n’avait jamais crié son désespoir comme elle venait de le faire là et qu’en tant qu’adulte, elle est soulagée  d’avoir écouté ces mots, même s’ils sont durs à entendre. Du coup, elle comprend maintenant son désir de tout prendre en charge, en effet, de cette façon, elle n’a pas besoin de compter sur les autres qui peuvent être si décevants.

Evelyne est heureuse d’avoir pu se connecter à cette petite fille qui a tant souffert.

La nouvelle petite expérience recherchée en fin de séance va dans le sens  d’aider cette petite fille qui en a besoin. Evelyne décide d’écrire à son père, ce qu’elle n’a jamais fait. Après avoir validé cette idée, le thérapeute propose que dans un premier temps, Evelyne note juste les sentiments que cette petite fille ressentait sans pour autant rédiger le courrier à son père.

 

La séance 4 sera la dernière de cette cure : Evelyne est plus déterminée, elle est plus sereine, elle pose ses limites avec sa mère et lui dit non, les relations avec Jérémy sont plus simples, elle a proposé à son mari d’aller au restaurant tous les 2 ce qui ne leur était plus arrivé depuis l’arrivée de leur premier enfant… …

 

Son positionnement vis-à-vis de sa famille a changé, la culpabilité disparait, elle se sent plus forte et plus légère, et... son mari change… ! il prend beaucoup plus les choses en main ce qui est un peu difficile pour Evelyne qui a tellement l’habitude de tout gérer… mais elle se dit « zut laisses toi aller ! » et reconnait que ça fait du bien ! Elle dit savoir que tout n’est pas résolu, mais elle ne voit plus ses problèmes de la même manière. Son regard sur le monde a changé y compris son regard sur elle-même.

Au vu de tous ces changements et de la force nouvelle qu’Evelyne ressent, d’un commun accord, la patiente et le thérapeute conviennent d’arrêter là cette thérapie brève.

En résumé : elle consulte pour son fils, supposé pathologique : hyperactif, problématique. La situation relationnelle est tendue et s’aggrave d’année en année. Puis au décours des séances il apparaît d’autres problèmes : le deuil interminable, le poids des incestes subis dans son enfance, les difficultés sexuelles qui en découlent dans sa vie conjugale.

 

Quatre séances plus tard : les relations avec son fils, avec sa mère, avec son mari se sont radicalement améliorées. De plus elle a commencé à réellement faire son travail de deuil ainsi qu’à se libérer du poids des traumatismes sexuels de son enfance.

Même si on peut penser que tout n’est pas radicalement résolu, on constate un virage libérateur puissant, dans sa vie, dans ses relations, dans son corps. Une cure en TBSI peut vraiment aider une personne à se libérer de souffrances importantes.

 

 

*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*

 

 

La cure de Colette

 

Nous traversons la France pour aller dans le Nord à la rencontre de Colette, elle a 66 ans, elle est mariée, en retraite.

 

Elle a deux grands enfants, une fille de 43 ans et un fils de 36 ans.

 

Séance 1 : Colette dit qu’elle est très angoissée depuis 7 à 8 mois, malgré un traitement d’antidépresseurs et d’anxiolytiques elle ne va pas mieux, le médecin vient d’augmenter le traitement.

 

Elle est mariée depuis 45 ans, mais elle ne s’est jamais épanouie dans cette union. Plus jeune elle a pensé au divorce, mais n’a jamais eu le courage et a construit sa vie autour de ses enfants. Avec son mari, ils font chambre à part depuis 10 ans car il lui reproche de ronfler. Ils n’ont plus de relations sexuelles depuis toutes ces années.

Elle a eu une relation avec un homme marié où elle se retrouvait uniquement sexuellement. Mais cet  homme n’étant pas plus attentionné que son mari, elle a mis fin à cette relation il y a 8 mois. Le soupçonnant d’avoir d’autres maitresses qu’elle, elle s’est persuadée avoir le SIDA jusqu’à faire un test de dépistage qui s’est avéré négatif. Mais l’angoisse n’est pas partie pour autant. Sa fille l’a trouvée un soir, prostrée et incapable de bouger ni parler, elle l’a emmenée aux urgences où le médecin a envisagé une hospitalisation en hôpital psychiatrique, ce que sa fille a refusé.

 

Elle dit se sentir angoissée toute la journée et particulièrement le matin et dans l’après-midi, elle se sent serrée au niveau du plexus solaire, comme si quelqu’un était assis sur sa cage thoracique. Elle se dit qu’elle est en train de devenir folle, qu’elle est très malade, qu’elle n’est plus bonne à rien…

 

Elle ne sort plus, regarde la télévision ou joue sur l’ordinateur, elle ne s’occupe plus de sa maison et ne veut plus aller faire les courses. Elle ne se maquille plus, ne se peigne plus…

 

La thérapeute accompagne et en lui posant des questions sur ce qu’elle ressent lui permet de toucher ses difficultés et sa souffrance.

 

Elle aimerait aller mieux ! mais surtout arrêter de ruminer de se sentir coupable… La thérapeute lui demande à quel petit signe elle verrait qu’elle commence à aller mieux : ce serait de maintenir le déjeuner de Pâques prévu avec ses enfants et petits-enfants.

 

Elle a essayé d’aller mieux en allant voir son médecin psychiatre et en prenant son traitement, en allant  voir un homéopathe, en faisant de l’acupuncture, de l’hypnose, de la sophrologie

 

La thérapeute lui  propose alors d’évaluer sur une échelle de 0 à 10 où elle se situe avec ce problème, sachant que 0 elle est submergée par lui et qu’à 10 elle en est sortie. Colette se situe à 3. À ce moment-là, la thérapeute lui demande comment elle fait pour être à 3 et non pas à 2 voire à 0… et en décrivant ce qui lui permet de dire 3, Colette va dire que quoi elle s’appuie en elle pour dire ce 3, ce qui commence à révéler ses capacités.

 

Ensuite la thérapeute lui suggère de voir les moments où elle est mieux, ou même elle se sentirait bien…Elle parle de cinéma avec deux de ses amis, où elle a beaucoup ri et s’est sentie bien, elle raconte comment elle était détendue… ensuite elle est rentrée chez elle, a raconté le film à son mari et a passé une bonne nuit. Un autre moment évoqué, c’est quand elle est avec sa fille, quand elle voit ses enfants, elle est plus gaie, plus active, elle plaisante avec eux et leur fait de bons petits plats.

Puis la thérapeute propose à Colette d’imaginer que son problème est résolu et de décrire un moment de sa journée.

Colette raconte : elle se lève et se sent très bien, elle est pleine d’énergie et en partageant le petit déjeuner avec son mari, ils décident de rejoindre des amis et d’aller piqueniquer. Ils font une belle marche tous ensemble. Ensuite au retour, elle partage un bon moment avec son mari en prenant le thé… ils s’embrassent.

 

En racontant cela, Colette est détendue, souriante…

 

La nouvelle petite expérience sera qu’une fois, en prenant ses médicaments elle se dira qu’elle est en période de rééducation.

 

Séance 2

 

8 jours plus tard, Colette arrive assez effondrée, rien n’a changé elle ne va pas mieux bien au contraire, elle a plus d’angoisses, tous les jours… la matinée a été terrible, elle n’a rien pu faire.

 

Elle dit que c’est fichu, qu’elle va toujours rester comme ça et qu’il lui faut faire avec. Elle ne pense pas que la thérapie va lui permettre de changer ça… elle parle de retourner faire de l’hypnose.

 

La thérapeute lui demande comment elle a fait cette après-midi  pour venir à la séance, où elle a trouvé le courage ? Et bien elle avait son RV alors elle est venue, elle ne voulait pas annuler au dernier moment. La thérapeute lui demande quel après-midi ou matin a été un peu mieux… et Colette parle d’un matin où elle n’a pas eu de crise d’angoisse, où elle a été au marché avec son mari où elle se sentait bien… ça lui a fait plaisir de voir qu’il souhaitait l’accompagner car d’habitude il ne le fait pas. Et la thérapeute continue à lui demander s’il y a eu d’autres moments dans la semaine où ça a été à peu près mieux…finalement, Colette décrira plusieurs moments où c’était bien… ainsi elle fait le constat qu’il y a eu des moments où elle était mieux…

 

Elle souhaite que ses crises d’angoisse diminuent en matinée et un petit signe serait qu’elle pourrait accompagner son mari à la consultation médicale qu’il a prochainement, un matin…

 

La thérapeute propose à Colette de refaire l’échelle et de se situer entre 0 et 10 par rapport à son problème.. elle dit être à 1 !

 

La thérapeute lui demande comment elle fait pour ne pas être à 0 ?  Colette dit que maintenant elle prend son TTT avant de se sentir angoissée alors qu’avant elle le prenait quand elle sentait l’angoisse venir… elle a su voir ce qui lui était bénéfique. Puis la thérapeute lui suggère de voir s’il y a un petit moment dans le matin où elle se sent un peu moins angoissée… et Colette raconte un moment où elle se lève sans angoisse, où elle bavarde avec son mari pendant le petit déjeuner…

Ensemble, la thérapeute et Colette trouvent  la petite expérience de cette 2° séance qui sera à faire une seule fois pour Colette, s’isoler 5mns dans sa chambre quand elle sent l’angoisse venir et  se dire à voix haute qu’elle ne va pas s’en sortir, qu’elle va prendre des médicaments à vie, qu’elle va être hospitalisée… tout ce qu’elle ressasse et tout ce qui la culpabilise.

 

Séance 3

 

1 semaine s’est passé, Colette dit que ça va beaucoup mieux ! Les crises d’angoisses sont moins intenses et durent moins longtemps le matin et il n’y en a plus l’après-midi… La thérapeute demande à Colette qu’est-ce qui s’est passé ? Et bien elle a fait l’expérience, en sentant l’angoisse venir, elle a été dans sa chambre et s’est parlé à voix haute en disant : « qu’elle ne va pas s’en sortir, qu’elle va prendre des médicaments à vie, qu’elle va être hospitalisée… » elle  a trouvé que 5mns à se dire ça, c’était très long…  et le lendemain quand l’angoisse a commencé, elle est sortie promener son chien ! Elle a marché et couru pendant une heure. Colette dit alors qu’elle était sportive avant et  qu’elle aime marcher, courir, faire du vélo, de la natation etc… mais qu’elle ne faisait plus rien. Elle montre son plexus et dit « je n’ai plus rien là ! je n’ai plus cette sensation d’écrasement… »

Ce qu’on peut voir ici, c’est que Colette en alliance avec sa thérapeute, a accepté de faire l’expérience qu’elles avaient trouvé ensemble et qu’elle a même nettement augmenté cette petite expérience, en prenant l’initiative de faire vraiment autrement…

Elle dit avoir envie de refaire du sport, se sentir plus positive et avoir du punch, du coup, d’elle-même elle a diminué son traitement… elle a envie de faire du bénévolat, avec son mari, ils projettent un séjour en Espagne, elle a bougé les meubles dans le salon en prévision d’un changement de canapé !! Beaucoup de changements donc, même celui du canapé où elle passait de longues heures sans rien faire que ressasser et ruminer.

Son mari lui a dit que ça lui faisait plaisir de voir qu’elle allait mieux et ses enfants sont surpris… elle est contente de constater que cette amélioration se voit.

Au cours de la séance, il va apparaitre  qu’elle a un peu honte de cet état dans lequel elle était et qu’elle n’ose pas en parler à ses amis et qu’elle ne sait pas encore vraiment si ça va mieux, du coup elle hésite… l’idée est maintenant de faire quelque chose pour se faire plaisir…  mais quelque chose d’inhabituel pour elle…

 

En séance 4, le mieux-être est encore là, Colette est souriante.

Elle dit n’avoir eu que 2 courtes crises d’angoisse en 15 jours elle a expérimenté de se faire plaisir, en écoutant de la musique, débroussaillant son jardin, cueillant des fleurs le matin au lieu d’être angoissée. Elle a plus d’énergie. Elle se sent légère et a envie de faire plein de choses…

La petite expérience sera de préparer son sac de gym. au cas où elle ait envie de retourner faire du sport… mais sans y aller.

 

 

La 5° rencontre sera la dernière de cette cure

 

Colette va très bien, elle est rayonnante.

 

Elle dit être « comme avant ». Elle est retournée faire du sport, et n’a même pas eu de courbature ! Ses copines l’ont accueillie ce qui lui a fait plaisir, elles ne lui ont pas posé de questions. Colette dit qu’elle se faisait des idées là-dessus, elle avait peur d’avoir à répondre à des questions…

 

Il n’y a pas eu d’angoisse du tout dans cette période de 15 jours où elle a de nouveau fait plein de choses : elle est allée marcher avec son mari et des amis (ce qu’elle avait imaginé en séance 1), elle a repeint une commode, elle a aidé sa fille à déménager, elle a revu son psychiatre qui envisage l’arrêt complet du TTT, elle a donc repris le sport et elle se sent bien dans son corps.

 Le thérapeute lui demande où elle se situe maintenant sur l’échelle par rapport à son problème initial, elle est à 9.

 

En résumé :  Colette, 66 ans, est angoissée massivement depuis longtemps malgré le traitement. Elle fait chambre à part depuis 10 ans, sans relation sexuelle avec son mari. Prostrée, elle ne sort plus, ne fait rien, rumine sans arrêt, se sent coupable, reste dans son canapé ; et le médecin hospitalier envisageit de l’hospitaliser en psychiatrie.

 

Cinq séances plus tard, elle est rayonnante, elle a repris le sport, n’a plus aucune angoisse. Elle a repris des contacts positifs avec son mari, sans qu’on sache si cela va jusqu’à une reprise des relations sexuelles. Ils vont partir en voyage ensemble en Espagne. Elle se sent bien et se situe comme étant quasiment sans problème (échelle à 9/10).

 

Colette a eu quelques difficultés dès le début de la cure à entrer dans ses émotions, mais la thérapeute a su l’accompagner là où elle en était, sans la forcer, ce qui lui a permis d’aller à son rythme, et de découvrir ses capacités.

 

 

 

*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*

 

 

 

La cure de Philippe

 

Philippe a 42 ans, il a un travail très prenant et est envoyé par son médecin traitant qui vient de lui prescrire des antidépresseurs car il se sent mal depuis quelques mois… après un retour en France, un déménagement lié à une mutation professionnelle.

 

Lors du premier RV, Philippe dit qu’il pense faire une dépression, le  thérapeute lui demande comment ça se voit.  Il dit avoir du mal à dormir, s’endort difficilement, se réveille plusieurs fois par nuit, s’énerve et perd patience avec ses enfants, ne sort plus et évite les gens, il a peur de la foule. Il dit sentir la boule au ventre et ne servir à rien.

Pendant la première partie de la séance, le thérapeute l’accompagne dans ses ressentis et ses vécus difficiles puis lui demande ce qu’il souhaite voir changer, il répond : « ne plus avoir envie de me coucher en rentrant du travail ».

 

Pour s’en sortir,  il est  allé voir son médecin ; mais il est aussi venu consulter le thérapeute TBSI !

 

Il dit avoir un travail intéressant mais dans lequel il se sent inutile

 

Le thérapeute propose à Philippe de voir qu’en lui il pourrait y avoir une partie qui est vraiment épuisée après une journée vaine au travail et qui n’a plus envie de rien sauf de se coucher… Philippe valide et accepte de laisser s’exprimer cette partie dans un dialogue avec la partie de lui qui ne supporte pas de se voir ainsi.

 

La nouvelle petite expérience  sera de se donner, une fois, une seule, 15mns en rentrant à la maison pour s’allonger sur son lit et ne rien faire !

 

En séance 2, 8 jours plus tard, Philippe est transformé : tout va mieux, il dit qu’il avait sans doute juste besoin de parler…

 

Il va manger avec ses collègues de travail, ils sont sortis le week-end avec sa femme chez des amis, il a pris l’initiative de créer des programmes informatiques pour son travail… il dit qu’avec les enfants ça reste un peu difficile, mais que ça va s’arranger

Il a mis en place la nouvelle expérience mais surtout il dit qu’avoir reconnu cette partie de lui a été libérateur.

 

Il aimerait ne plus ressasser dès le moment où il se réveille jusqu’au moment où il arrive au travail, il passe en boucle le fait qu’il va passer une mauvaise journée…

Le thérapeute et Philippe cherchent quelle nouvelle expérience ce dernier pourrait faire pour essayer d’aller encore mieux et ce sera : limiter à 5mns ce temps où il ressasse sur sa « mauvaise journée » à venir,  MAIS en y allant à fond et en voyant vraiment comment sa journée pourra être pourrie, la plus pourrie possible !!! et après les 5 mns, il arrête…

 

La séance 3 sera la dernière, elle aura lieu 4 semaines après car il y a les fêtes de fin d’année, les vacances etc…

 

Tout va bien pour lui : il dit avoir renoué des liens avec son fils de 13 ans en faisant des choses avec lui, il est allé faire du vélo avec sa fille… il est allé exprès dans un grand centre commercial, pour voir s’il avait peur de la foule, et non, même pas peur… Il dort bien et beaucoup, il a arrêté les antidépresseurs. Au boulot ça va mieux, il se sent plus utile.

Il a fait sa nouvelle expérience, qu’il a rapidement arrêtée car 5mns c’était trop ! il se disait « mais je l’ai fait hier et en fait la journée s’est bien passée ».

 

Il part en riant et disant à son thérapeute : « c’est pas méchant, mais j’espère ne pas vous revoir ! »

 

En résumé :  Philippe, après être revenu en France avec toute sa famille pour des raisons professionnelles positives, se sent complètement déprimé, inutile, sans goût pour la vie. Il dort mal, se replie, ne veut plus voir personne, fuit la foule. Il rentre épuisé et prend des médicaments pour tenter de juguler sa dépression.

 

Après trois séances, il a arrêté ces médicaments, il dort bien, il se sent mieux dans sa vie et au travail. Il dit explicitement que désormais tout va bien pour lui. Il n’a plus peur de la foule. Il a renoué des liens avec ses enfants. Il est souriant et plein de vie.

 

CONCLUSION

 

Des exemples de cette sorte, nous en avons des dizaines. Entre nous, nous parlons des « miracles de la TBSI ». Mais nous hésitons, bien sûr, à le dire trop fort de peur d’être pris pour des affabulateurs. Et pourtant ce sont des faits.

 

La comparaison qui me vient serait la suivante : quand on assiste à un spectacle donné par un magicien, on est vraiment étonné devant des performances ou des tours qui paraissent incroyables, qui défient le sens ordinaire. Pourtant, finalement, il n’y a rien de magique là-dedans, si ce n’est un énorme travail préalable, des entraînements intensifs, des tours de main acquis après de longues répétitions, etc. Et même lorsque l’on connaît les astuces du tour, les ficelles du spectacle, on n’est pas pour autant immédiatement capable de les reproduire : parce que le gros travail d’entrainement préalable n’a pas encore été fait.

 

Et bien, en TBSI ces résultats spectaculaires n’ont eux non plus rien de magique. Ils découlent, d’une part d’une connaissance scientifique de la psychologie humaine, et d’autre part d’un entraînement spécifique permettant d’adopter le juste positionnement thérapeutique.

 

Nous parlons dans nos formations de l’acquisition des 3 S : Savoir, Savoir-Faire, Savoir-Etre. Espérons que la qualité de nos thérapeutes vous l’aura fait percevoir.

 

 

Pascale LEMAY

 

 

 

 

 


Appel

Email