UN CAS CLINIQUE

8 séances

Pascal Peyrigué. Directeur de Mission Locale. Thérapeute en TBSI Conférence 15 Juin 2014. Paris

Claire

 

Claire a 35 ans elle m’a connu par l’intermédiaire d’une ancienne patiente.

Claire est infirmière.

Elle est célibataire et mère d’un petite Louise âgée de 3 ans.

 

Claire est une petite et plutôt belle jeune femme, le visage sombre et marqué, habillée d’un grand pull noir à col roulé qu’elle a remonté jusqu’au menton, et d’un jean troué..

 

Plutôt négligés, ces cheveux longs et détachés, cachent souvent une partie de son visage.

 

Lors de la première séance Claire évoque comme raisons de sa venue en consultation :

  • Une souffrance importante, une relation difficile avec Michel, son ami, des relations très tendues avec ses collègues de travail.

  • Elle dit se sentir perdue et ne plus savoir comment s’en sortir

  • Elle est en arrêt de travail depuis quelques jours pour un état dépressif qu’elle dit présent depuis des semaines, et qui s’amplifie.

« Là, je crois que je touche le fond » dira-elle en larmes.

  • Elle dit pratiquement ne plus dormir et pense que son état commence à perturber Louise, qui manifeste des comportements de plus en lus agressifs, et qui se réveille plusieurs fois la nuit, souvent en larmes ou en cris. Elle dira commencer à se sentir indigne d’être sa mère et avoir peur de « l’entraîner dans une vie difficile ».


 

  • Ce qui lui est le plus insupportable c’est sa relation avec Michel qui se moque d’elle dira Claire, et qui la prend pour une idiote. Elle l’attend des heures entières à des rendez-vous où il ne vient pas, ne sort pratiquement plus de chez elle, espère qu’il passera la voir. Et son souci de voir Louise qui sent quelque chose, pense-t-elle, et qui va se cacher dès que Michel arrive.


 

Claire évoquera Steven le père de Louise, qui est reparti vivre en Ecosse, son pays d’origine, peu après la naissance de Louise. Elle évoquera de façon évasive, le passé de cet homme, de ses soucis avec la justice , parlera d’abandon de Louise et d’elle-même,  « il nous a abandonnées  » dira-t-elle, et, Claire a emmené Louise voir son père en Ecosse.

 

  • Claire a également peur de la perspective de reprendre le travail le lundi suivant notre entrevue. Elle a peur de retrouver les relations difficiles avec ses collègues et sa responsable.


 

Ce début de séance est difficile pour Claire, elle est particulièrement active, voire agitée et participative, mais retient avec beaucoup de pudeur ses larmes et ses émotions. Quelques larmes percent ponctuellement sa retenue et elle a du mal a supporter leur venue quand c’est le cas.

« Je n’aime pas laisser mes émotions me submerger devant les autres » dira-t-elle.

 

Elle est assise les mains entre les genoux, la tête basse, le regard souvent tourné vers le sol.

 

 

L’ambiance est plutôt lourde et un peu sombre, mais le lien se tisse assez rapidement.

 

De reformulations du négatif en prise en considération de sa douleur par des :

 

  • C’est difficile pour vous

  • On voit que ça vous inquiète

  • On voit que ça vous fait souffrir

 

Par différents approfondissements de son vécu émotionnel :

  • Et que ressentez-vous dans cette situation ?

  • Et comment c’est pour vous dans ces moments-là ?

 

Et quelques connotations positives

  • «  vous êtes soucieuse de la qualité de vie que vous voulez apporter à Louise » en réponse à son : «  j’ai peur de  l’entraîner dans une vie difficile » va lui faire relever la tête et pour la première fois de la séance elle va me regarder vraiment.

  • « Cette partie de vous qui sait prendre soin des autres » quand elle évoquera sa vie professionnelle

  • La force que vous trouvez en vous pour faire face à cette situation, votre volonté de vous en sortir….

  • Votre dignité dans votre souffrance

  • La légitimité de votre souffrance preuve de l’estime que vous avez de vous-même …..

  • L’amour et le profond respect que vous témoignez à votre fils…..

C’est l’instant me semble-t-il, où la connexion est vraiment établie. L’alliance, telle que Jean Marc la pause comme axe constitutif de notre posture.

D’abord parce qu’il y a dans l’histoire et la situation de Claire une part de résonnance avec ma propre histoire, ensuite, parce que les émotions de Claire me touchent et qu’elle le sait, le sent.

Lors de la seconde séance, elle reviendra sur ce ressenti étrange qu’elle a eu lors de notre première entrevue et elle évoquera que tout au long de la semaine elle a ressenti comme le prolongement de ce ressenti.

Elle dira : «.. à plusieurs reprises j’ai repensé à notre séance de la dernière fois».

 

A ma question : et qu’est-ce que vous aimeriez voir changer ?

Claire va verbaliser sa demande ainsi :

« Ce que Je veux c’est sortir au plus vite de ma souffrance et retrouver gout à la vie. Retrouver des relations normales avec les autres, avec mes collègues au boulot, dehors avec les gens, ce que je veux c’est avoir une vie normale, être traitée comme une femme par un homme qui me respecte, et me sentir digne d’être la mère de Louise.

On voit bien votre volonté de régler tout ce qui vous préoccupe, mais parmi cette demande assez plurielle, quelle serait le point à prendre en considération en premier?

Louise. Je crois que c’est le plus important dans tout ça. Elle est l’être le plus important de ma vie et je culpabilise trop à l’idée de l’entrainer dans ma galère.

Votre souhait est d’avoir une relation heureuse et harmonieuse avec Louise, et quel serait le premier petit signe qui vous permettrez de savoir que la situation s’améliore ?

Claire va évoquer sa relation avec Louise, elle voudrait pouvoir jouer et rire avec elle, la voir sourire et dormir davantage.

Je demanderai à Claire ce qu’elle a essayé de faire jusque-là pour résoudre la difficulté qui a fait qu’elle est venue me consulter. Elle évoquera sa visite chez le médecin, son arrêt maladie, la prescription de médicaments

Elle évoquera les consultations chez le pédiatre, sans grands résultats pour Louise, sa demande sans réponse d’aide auprès de sa mère.

Pour chercher ensemble les pistes nouvelles qui induiraient un changement et favoriseraient la résolution du problème, je vais proposer à Claire une approche TBCS.

Et donc lui poser tout d’abord la question de l’échelle du problème:

Julie va considérez être à 3 sur une échelle de zéro à 10.

Je manifesterai ma surprise en lui disant :

Ah !, vous estimez avoir à 30 % être sortie de votre du problème, comment faites-vous pour ne pas être en dessous ?

L’effet est étonnant : 30% ?, mais c’est beaucoup! Et je ne sais pas pourquoi c’est autant.

 

Et ce que cela pourrait être parce que vous avez la réelle volonté d’en sortir et que vous pensez en avoir les capacités ?

J’espère que c’est ça !

 

Cà se pourrait bien en effet!

Premier sourire de Claire.

Je vais donc d’abord demander à Claire s’il y a des moments où elle se sent plus libérée de son problème que d’autres. Mais sans succès.

Puis l’inviter à la question miracle :

Imaginons que cette nuit, pendant votre sommeil, une petite fée passe au-dessus de votre lit et d’un coup de baguette magique règle le problème qui vous préoccupe…

Nous sommes demain matin et vous ouvrez les yeux…

Je pense qu’en rêvant, ça va allez mieux !

re sourire.

Et je vais donc accompagner Claire dans son « rêve » et vire avec elle tout ce qu’elle se projette dans sa production imaginaire. Elle s’y verra « très féminine », bien habillée, avec les vêtements qu’elle aime porter, heureuse avec sa fille heureuse, en compagnie d’un homme qui l’aime, qui la respecte, l’écoute, la comprend, dans des relations harmonieuses avec ses amis, à partager avec eux des bons moments. Elle ira en vacance avec Louise, …

Elle s’y voit dira-t-elle. Elle s’y voit souriante, belle, confiante…

Et Louise sera beaucoup présente dans son récit.

La première petite expérience qui irait dans la direction de ce changement sera trouvée par Claire

Elle concernera Louise.

Claire décidera de consacrer un temps pour amener Louise à la fête foraine qui s’est installée dans son village

Elle sera sure à 100% de pouvoir réaliser cette expérience. Même avec le frein que je mettrai à son engouement.


 

ooOoo

 

Nous nous reverrons 8 jours plus tard.

Claire arrive plutôt souriante et détendue.

Elle évoquera le dimanche passé avec Louise et tout le plaisir que lui ont procuré ces instants. Elle dira avoir ressenti comme une relation différente avec Louise, une reconnexion dira-t-elle. Elle évoquera également son soulagement par rapport à sa reprise de travail et de l’accueil plutôt bienveillant que ses collègues lui ont réservé.

Claire évoquera sa fierté d’avoir fait çà avec Louise, son soulagement à s’être sentie digne d’être sa mère pendant quelques instants. Elle dira s’être sentie plus « légère », comme portée par « l’inertie » de notre rencontre précédente. Comme si quelque chose avait continué de résonner en elle à plusieurs reprises.

A mon waouh !mais comment avez-vous fait, elle me dira « je pense que c’est vous »

Je vais lui affirmer que je n’ai pas de chapeau, pas de lapins et pas de baquette pour les en faire sortir. Et comme je ne vois personne d’autre dans cette pièce, j’ai bien peur que vous soyez la seule responsable de ce qui s’est produit !

Et elle va rire franchement.

« C’est super » dira-elle.  « J’arrive même à rire ». Et elle se mettra à pleurer vraiment.

Je vais accompagner son émotion (en même temps que la mienne d’ailleurs) et pointer avec elle les capacités qui résident en elle et qu’elle a su mobiliser pour ce moment avec Louise.

Elle va pleurer un long moment, que je vais respecter sans perdre le contact, et Claire va finir par lâcher :

En fait si je ne vais pas bien c’est à cause de ma relation aux hommes….

J’ai toujours eu des aventures avec des hommes compliqués. On dirait que ça m’arrange…

Le père de Claire est le dernier en date.

Et Michel me prend pour son jouet. Il me dit qu’il va venir me voir et je l’attends. Comme une conne.

Il vient deux jours après, il me dit qu’il était avec une autre mais qu’il m’aime et je plonge.

En fait je suis terrorisée à l’idée d’être seule. J’ai toujours peur que l’on m’abandonne. J’ai l’impression de n’être qu’un jouet qu’on prend, qu’on laisse.

Et j’ai toujours eu peur du sexe, il n’y a qu’avec Michel que j’ai pour la première fois pris du plaisir.

ça ne me mène à rien cette aventure-là. Je sais bien. Mais plus il me plante, plus je me sens abandonnée par lui et plus j’accepte la façon dont il me traite.

Je dois être maso.

Je vais reformuler en introduisant le fait qu’il est bien légitime d’avoir envie d’être aimée.

L’échange va bien-sûr être accompagné sur ce que ça lui fait, ce qu’elle éprouve dans ces moments-là, …, et Claire évoquera beaucoup la peur et le dégoût.

La peur de l’abandon, et le dégoût des hommes.

Mais c’est comme si je voulais à la fois me comporter en femme et être respectée comme telle et à la fois comme si je faisais tout pour que ce soit le contraire.

Et quel serait le premier petit signe qui vous ferait dire que vous commencez à vous comporter en femme pour commencer à être respectée comme telle ?

Claire va se taire un moment et réfléchir avec sérieux.

Je crois que je commencerais par m’habiller autrement.


 

La perche tendue par Claire: « je voudrais me comporter en femme et je fais tout le contraire » va m’inciter à lui proposer de travailler sur cette partie d’elle-même qui désire être une femme respectée et l’autre partie qui s’abandonne.

Claire va les nommer elle-même Claire Adulte et Claire abandonnée.

L’échange proposé entre Claire Adulte et Claire abandonnée va très vite mettre en exergue combien Claire abandonnée empêche Claire Adulte d’exister,

Claire Adulte exprimera combien elle en a marre de ne pas prendre sa place, combien c’est difficile pour elle de vivre en retrait et combien elle voudrait être libérée de ce piège.

Claire abandonnée va beaucoup déplorer cette situation, jusqu’à s’excuser de n’y rien pouvoir.

Je suis désolé, dira-t elle, je ne sais pas pourquoi c’est comme ça, pourquoi je choisis des relations amoureuses qui n’en sont pas. Je ne sais pas pourquoi j’ai peur, je ne sais pas pourquoi je continue de chercher des histoires compliquées qui ne génèrent que de la souffrance.

Je serai bien plus heureuse si tu pouvais exister pleinement Claire Adulte. Mais je n’y arrive pas.

Je demanderais à Claire Adulte d’exprimer comment ce sera quand elle existera vraiment totalement.

Claire Adulte décrira comment elle est vêtue, ses relations aux hommes qu’elle choisit vraiment, ses amis, ses sorties et ce qu’elle y ressent de bon et de bien.

Claire va conclure cette partie en disant combien c’est bizarre en elle, d’éprouver cette sensation

C’est comme si il y avait vraiment deux être en moi qui tiraient chacun dans leur direction…


 

La séance se conclura par le choix d’une action pour aller dans le sens de quelque chose en faveur de l’émergence de Claire Adulte.

Claire choisira de sortir une tenue de sa penderie dans laquelle sont accrochées des vêtements féminins qu’elle s’est achetés, mais peu voire pas du tout portées.

Elle graduera à 9 sa certitude de pouvoir le faire.

A ma question qu’est ce qui ferait que ce soit 10, elle répondra avec un grand et beau sourire.

«  je ne sais pas, nous sommes chamboulées, Claire et moi…. »

ooOoo


 

La troisième séance a vu arriver Claire avec pour la première fois ses cheveux attachés, un maquillage léger et une étole rouge par-dessus un pull gris décolleté.

J’ouvrirai la séance par un « a qui ai-je l’honneur ? » qui fera rire Claire.

Je n’aurai pas vraiment besoin de lui poser plus de question.

 

J’ai ouvert la porte de ma penderie, dira-t-elle. Et je suis fière de moi.

J’ai passé pas mal de temps à regarder toutes ces tenues. Et puis je me suis décidée à en essayer quelques-unes. Comme ça. Rien que pour moi. Bon, pas au point de sortir avec, mais quand même, rien que le fait de les porter m’a fait du bien.

 

Avec humour je lui dirais, «  vous avez raison de pas sortir avec, il ne faut pas aller trop vite non plus »

grand sourire de Claire

Je vais à nouveau mettre en exergue ses capacités à être porteuse de changements, ses facultés à se regarder avec objectivité dans le miroir (au propre comme au figuré (re sourire)) et sa volonté à mettre en œuvre ce qu’il faut pour avancer positivement.

J’ai aussi beaucoup repensé à Claire et Claire dira-t-elle. Des éléments de mon histoire sont remontés à la surface et il y en a un ou deux que j’aimerais vous dire.

Mais avant j’ai de nouveau eu un coup de fil de Michel qui m’a rejoué sa sérénade, comme d’habitude.

Style : J’ai vraiment envie de te voir, tu es importante pour moi, et j’y ai cru….

J’ai préparé un repas, ouvert une bouteille de vin, et choisi des fringues un peu plus femme pour le recevoir.

Il est arrivé à 4 heures du matin et je lui ai ouvert la porte. Je suis trop conne.

 

Vous étiez heureuse de le voir, heureuse de lui montrer un peu de Claire Adulte, et est-ce que ce ne serait pas Claire abandonnée qui lui a ouvert la porte ?

Si bien-sûr. Mais c’est nul.

 

Vous savez quand on entreprend une marche en montagne il arrive que de gros orages nous obligent à nous arrêter. ça ne change en rien la destination où l’on a décidé de se rendre.

Oui mais j’ai goûté à Claire Adulte, et j’ai envie qu’elle prenne sa place…

Et ne vous semble-t-il pas qu’elle est en marche,

Si c’est sûr, mais Claire abandonnée est encore vraiment très présente.

Et ne vous semble-t-il pas, puisqu’elle est en route qu’il faille laisser à Claire Adulte le temps d’arrivée à destination.

Silence…

Ce que je voudrais maintenant c’est que Claire abandonnée me foute la paix.

Et quel serait le premier petit message de paix qu’elle pourrait vous adresser ?

Ne plus me sentir abandonnée, ne plus ouvrir la porte à Michel quand il ne me respecte pas, lui dire que c’est trop tard et ne pas souffrir.

 

 

C’est Claire qui va relancer la question de Claire abandonnée et de Claire Adulte, et nous allons donc reprendre l’échange sous l’angle de la colonisation.

Claire va d’elle-même reprendre les choses qu’elle voulait me dire de son histoire.

 

Claire va évoquer un souvenir d’adolescence jamais exprimé jusque-là :

J’avais 15ans dit-elle, nous étions en vacances à la mer avec mon frère et mes parents e nous nous promenions sur le bord de mer un soir. Mon père m’a prise par la taille en marchant et m’a dit  «  tu es vraiment belle ma fille, je suis fier de me promener avec toi comme çà, comme deux amoureux, en fait, c’est une femme comme toi qu’il m’aurait fallu. »

J’ai eu vraiment honte de mon père ce jour-là, honte qu’il puisse dire çà devant ma mère avec autant de mépris. C ‘est dégueulasse.

Et un souvenir d’enfance, plus, dira-t-elle, un souvenir rapporté par ses parents qu’un vrai souvenir, même si des images en elles reviennent à la surface.

J’avais 5 ans. Ma mère était enceinte de ma petite sœur et a dû partir en urgence à la maternité pour accoucher. Mes parents sont partis et m’ont laissée seule dans la maison en me disant tu es grande, tu ne risques rien, papa m’amène à la maternité et revient très vite.

Mes parents sont partis et suis restée seule dans la maison à attendre le retour de mon père pendant des heures.

J’ai juste le souvenir d’être debout sur une chaise devant la fenêtre à attendre en pleurant qu’il revienne. Longtemps.


 

Ces deux souvenirs suffiront à donner un début de sens à l’existence de Claire abandonnée et à la difficulté de Claire Adulte à prendre toute sa place.

Claire choisira comme tâche de simplement envoyer un SMS à Michel à la prochaine marque d’irrespect en lui disant « il est telle heure ».

Ce qu’elle fera. A la 4ème séance Claire me racontera que Michel lui a de nouveau posé un lapin et qu’elle lui a envoyé un SMS deux heures plus tard en lui disant « trop tard ».

Michel ne m’a pas crue, il est venu quand même et je n’ai pas ouvert.

D’elle-même et sans que cela soit convenu, elle me dira après avoir adressé ce SMS, être montée sur une chaise devant sa fenêtre et avoir pleuré…

Il est revenu le lendemain en s’excusant et en l’invitant à une soirée.

J’ai cru que quelque chose avait changé chez lui dira-t-elle. Erreur fatale. Il est bien venu me chercher à l’heure pour aller à cette soirée mais il l’a passée avec ses copains en me laissant seule dans mon coin. Et comme il n’avait pas d’argent c’est moi qui ai dû payer ses consommations.


 

Nous retravaillerons avec Claire au cours de cette 4ème séance comme autour de la 5éme, autour de sa demande de ne plus accepter cette situation et reprendre les parties de Claire Adulte et de Claire abandonnée.

Au terme de la 4ème séance, Claire choisira pour tâche de refuser la prochaine invitation de Michel en lui disant : désolée, j’ai déjà une soirée. Ce qu’elle fera et elle décidera de sortir en boîte avec ses propres amis.

Au terme de la 5ème séance, Claire s’enverra à elle-même une lettre de rupture écrite pour Michel. (Emprunt à un certain Jean Marc Henriot !).

La 6ème séance sera la dernière. Claire est arrivée toute lumineuse, en me disant qu’elle avait appelé Michel pour lui fixer un rdv auquel elle ne s’est pas rendue…

Elle a rompu avec Michel.

La lettre que je me suis envoyée, je la lui ai envoyée. Et c’est bel et bien terminé.

Et depuis petit à petit, je redécouvre le plaisir de rencontrer mes amis et de sortir avec eux. Et surtout, celui de partager un peu de bonheur avec ma fille.

En guise de conclusion, Claire va tout d’abord me dire combien elle est surprise de la rapidité avec laquelle elle a évolué dans sa cure. Tout n’est bien sûr sans doute pas réglé et peut être faudra-t-il que je reprenne un travail un peu plus tard.

Mais là je sais que je me suis récupérée. Il y a deux mois j’étais au fond du trou, sans espoir et sans perspective. Et vu mon état à ce moment-là je pensais en avoir pour au moins un an.

Et là j’ai très vite senti que quelque chose de différent se mettait en place, et sans savoir pourquoi ni comment j’ai senti un peu d’espoir et de confiance commencer à s’installer. Et au fur et à mesure les choses se sont un peu plus éclairées.

Je ne suis pas sûre d’être totalement sortie d’affaire, mais je sais que si une telle situation se représente, je serais capable de m’en sortir à nouveau. Et au pire, je sais qui consulter.

 


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