UN CAS CLINIQUE

5 séances

Fatima BERANGER. Sophrologue.  Conférence 15 Juin 2014. Paris

Lorsque j’ai décidé de diversifier mon activité professionnelle je me suis orientée vers les thérapies brèves car mon souci était de soulager rapidement les personnes en souffrance. L’avis d’une amie qui a suivi la formation TBSI avec Jean-Marc m’a décidée à opter pour l’école AIDE PSY. Au-delà du cadre professionnel solide et des contenus théoriques très denses ce qui m’a interpellée c’est l’idée d’une thérapie du changement. De par mon expérience personnelle aussi bien que professionnelle j’avais pu me rendre compte combien il était difficile de changer. Aussi lorsque Jean-Marc nous a parlé des effets puissants de la TBSI, sans douter de ce qu’il avançait je voulais quand même voir. J’attendais donc avec impatience le moment où j’allais pouvoir pratiquer et j’ai annoncé à mon groupe qu’au premier résultat spectaculaire je leur paierai le champagne sans me douter que ceci se réaliserait dès mon premier patient.

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J’ai donc choisi de vous présenter le cas de Marie-Thé, ma première patiente. Sa cure a duré 5 séances à raison d’une séance par semaine sauf une fois où l’on a dû espacer de 15 jours.

Marie-Thé a 62 ans, elle est mariée, a 3 enfants. Elle et son époux ont quitté leur région où ils travaillaient dans leur entreprise pour vivre leur retraite dans le sud de la France, à Lunel. Ils sont là depuis 4 ans. Quand je l’ai rencontrée quelques mois auparavant elle était dynamique et enjouée.

1ère séance :

L’exposition du problème :

Marie-Thé est effondrée : son mal-être et son désarroi sont visibles. Elle se sent mal dans sa vie ; elle s’ennuie et se sent inutile. Elle reproche à son mari de ne pas s’occuper d’elle et surtout de ne pas communiquer avec elle. Elle s’interdit beaucoup de choses soit pour des raisons financières (non fondées car aucun problème d’argent) soit par complexe d’infériorité intellectuelle car elle ne se considère pas suffisamment cultivée. « Je tourne en rond » dira t’elle. Pourtant elle a envie de faire des choses mais quoi ? Le décès de son père, deux ans après le décès de sa mère, a été la goutte qui a fait déborder le vase. Elle dira qu’il a été un pilier pour elle et son décès la déstabilise : « je me sens orpheline ».

Elle a beaucoup de peurs : peur que les gens ne la trouvent pas intéressante, peur quand son mari conduit car il est distrait et peur de lui parler d’elle, de ce qu’elle ressent, de lui dire qu’elle va faire une thérapie.  

elle pleure beaucoup à la première séance en disant que ce n’est pas normal de pleurer, que tout le monde perd ses parents et je commence par faire un recadrage explicatif normatif (REN) qui me paraît prioritaire: « Il est tout à fait normal d’avoir du chagrin quand on perd un être cher même s’il est parti âgé ; vous avez le droit d’ avoir du chagrin ».

Pendant l’exposition du problème je la ramène systématiquement à son ressenti (Qu’est-ce que ça vous fait quand vous racontez cela ?) et je reformule systématiquement ce qu’elle ressent afin qu’elle se sente entendue, ceci pour lui permettre d’évacuer tout le négatif.

Une fois le problème exposé il s’agit de passer de la plainte à la demande. Je lui demande donc ce qu’elle aimerait voir changer 

La demande initiale : «  oser me positionner »

La demande diminuée : « quel sera le premier petit signe concret qui montrera que vous êtes en bonne voie ? »

Elle répond : «  Quand je pourrai parler à mon mari de ce que je ressens ».

Les solutions déjà adoptées pour oser se positionner : «  pas grand-chose car j’ai peur de déranger, je ne sais pas si ce que je dis est intéressant. Je ne me suis jamais vraiment positionnée sauf dans le milieu professionnel : avant mon mariage c’était mon père qui décidait et depuis mon mariage c’est mon mari ».

La stratégie adoptée : comme elle est effondrée je décide d’adopter la TBCS, la thérapie brève centrée sur la solution pour lui permettre de contacter ses capacités.

Je n’ai fait que les exceptions car j’avais trop de choses à gérer pour cette première séance : instaurer le système à deux, veiller à rester en position basse, garder la trame en tête, tout ça en 45 mn !

Les exceptions : Il s’agit de permettre à la personne de s’installer dans l’expérience. Pour cela on parle au présent et surtout on utilise la pensée vidéo, de façon à ce que la personne Voie – Vive – Verbalise ces moments où elle n’est pas dans son problème.

Je demande à Marie-Thé : Est-ce qu’il y a des moments dans votre vie où vous êtes hors de votre problème ?

Mireille cherche un peu puis elle raconte : «  Quand j’étais bénévole à la bibliothèque de l’hôpital je me sentais bien.

Vous vous voyez à l’hôpital, Ca se passe comment ? Comment vous vous sentez ?

« J’arrive dans la chambre avec une caisse remplie de livres. Le malade choisit un livre. Puis nous passons un moment à échanger. Je me sens utile. Je me régale. J’aimerais bien retourner faire du bénévolat à l’hôpital. Ca vient peut-être du fait que je rêvais d’être infirmière quand j’étais jeune ».

La tâche : il s’agit de trouver une petite expérience qui sort de son cadre habituel pour introduire le changement dans sa vie.

Quelle petite expérience pourrions-nous mettre en place pour aller dans le sens de votre demande « oser vous positionner » ?

On cherche ensemble cette petite expérience qu’elle devra mettre en place avant le deuxième RDV et on retient sa proposition : dire à son mari qu’elle voit une thérapeute.

On décide ensemble du cadre de la tâche : quand ? Où ? Comment ?

Elle décide qu’elle la fera le jour même, dès qu’elle rentrera chez elle. Je valide ses propos et je lui propose l’échelle pour vérifier la faisabilité de la tâche. D’elle-même elle prend un virage à 180° : elle qui n’osait pas se positionner va pourtant le faire à travers cette petite expérience.

« Sur une échelle de 0 à 10, 0 étant je ne ferai pas l’expérience et 10 je suis sûre de la faire, vous êtes à combien ?

Sa réponse : 10 !

Waouh ! Vous êtes motivée !

La réponse de Marie-Thé me paraît trop parfaite : est-elle sûre d’elle ou cherche - t’elle à me faire plaisir ? On verra bien. En attendant je freine pour prendre en charge les forces de maintien : « ca ne sera peut-être pas facile… ».

Et nous prenons RDV pour la semaine suivante.


 

2 ème séance :

Dès que Marie-Thé est installée je lui demande : « Marie-Thé qu’est-ce qui va mieux depuis la dernière fois ? » le but étant de mettre en valeur les changements. Elle me répond qu’elle a fait sa tâche le jour même.

Et elle ajoute « Je vais beaucoup mieux ».

 Comment ça se voit ? 

« J’ai parlé à mon mari. Je lui ai dit que j’avais besoin de parler avec un thérapeute afin de me débarrasser de mes peurs et de mon mal-être. Et il m’a répondu qu’il comprenait  et que c’était certainement lourd d’avoir ce mal-être! » (elle est étonnée)

De mon côté je vois qu’elle n’est plus effondrée. Son discours est centré sur elle.

L’exposition du problème :

Marie-Thé réalise que pendant toute sa vie elle a été prise en charge par sa famille puis par son mari et sa belle-famille puisqu’ils travaillaient ensemble. Elle dit aussi qu’elle a toujours fait plaisir aux autres : à son père qui n’a pas voulu qu’elle fasse des études d’infirmière, à son mari en travaillant avec lui et ses parents alors que ça ne lui plaisait pas vraiment. Elle a même accepté dernièrement de partir en croisière avec des amis pour leur faire plaisir. Elle ne sait pas leur dire non.Ca l’embête de se comporter comme ça.

Je reformule son ressenti au fur et à mesure et j’insiste surtout sur le « fais- plaisir », son injonction majoritaire.

Donc cette fois sa demande est : me faire plaisir

Sa demande diminuée : elle verra qu’elle est en bonne voie quand elle prendra du temps pour elle.

Les solutions déjà adoptées  pour se faire plaisir :

- elle s’achète des vêtements (tout en restant raisonnable)

- Elle lit la nuit (dans la journée elle a autre chose à faire et culpabilise à l’idée de lire même si son mari ne lui fait aucun reproche)

La stratégie :

Pendant que Marie-Thé parle je vois 2 parties prendre forme et je décide d’utiliser cet outil que sont les parties du psychisme. Je lui dis :

«- c’est comme si une partie de vous voulait se faire plaisir et qu’une autre n’était pas d’accord… 

- Oui, c’est ça.

- Et si elles avaient un nom ces 2 parties , ça serait quoi ?

- Ca serait Plaisir et Poison.

- Et que dirait Plaisir à Poison ?

Plaisir : s’il te plaît laisse-moi vivre. J’ai besoin d’être libre, je suis une adulte maintenant.

Poison : j’ai peur que tu n’y arrives pas si je te laisse. Tu n’auras plus de repères. Comment feras-tu ?

Je sens monter l’émotion en elle.

Plaisir : DEGAGE !

Mireille éclate en sanglots. Le mot est puissant dans la bouche d’une dame très distinguée. Je suis touchée par la force de ce « dégage ».Elle réalise le prix payé : 62 ans de « fais-plaisir ».

La tâche : Alors qu’allons-nous faire avec ces deux - là ?

Le but étant de faire cohabiter ces deux parties puisqu’elles la constituent et sortir du confit qui crée la souffrance.

Après un moment de recherche ensemble on adopte la petite expérience suivante :

Lire ¼ h minimum après le repas de midi, donc en plein jour et ce quel que soit le travail à faire dans la maison. A faire 1 fois.

Lorsque je lui propose l’échelle elle répond 10

Waouh ! Vous êtes motivée !

Comme ce n’est pas la première fois qu’elle est à 10 je lui ai demandé comment elle faisait et elle m’a répondu qu’elle fonctionnait par objectifs, donc ces expériences lui conviennent.

Je freine : bon, ça ne sera peut-être pas facile…

Et nous prenons RDV pour la semaine suivante.


 

3ème séance :

Qu’est-ce qui s’est bien passé cette semaine Marie-Thé?

Elle dit qu’elle va beaucoup mieux et elle qui s’était plainte d’avoir peur en voiture, déclare toute contente qu’elle est partie en week-end avec son mari et elle n’a pas eu peur ; elle a même dormi !

Même si elle a été secouée par le suicide d’une personne de son entourage je la sens plus vivante. Ce décès l’a amenée à prendre en charge les différents appels des uns et des autres...Ca l’a bien occupée et elle reconnaît qu’elle s’est sentie utile car elle a tenté de réconforter certaines personnes. Je connote positivement en lui disant que c’est dans les moments difficiles que l’on peut mesurer les compétences des gens.

Puis elle enchaîne avec un problème qui l’agace :

L’exposition du problème : Marie-Thé a des peurs qui la paralysent dans sa vie : peur de prendre l’avion ce qui exclut les voyages avec son mari, peur d’entreprendre une activité bénévole à cause de l’éventuel jugement dont elle pourrait être victime… Elle dit «  j’ai peur de me faire remarquer. Ca me ramène à ma grande taille; quand j’étais enfant et ado je me ratatinais pour ne pas attirer l’attention sur moi. En fait on croyait que j’avais un retard scolaire et il y avait toujours quelqu’un pour dire : «  qu’est-ce qu’elle fait là cette grande fille ? Je semblais plus âgée que les autres de par ma taille.Ca me rendait triste ou bien me mettait en colère car être grande ça voulait dire que j’étais moins douée que les autres.   Aujourd’hui j’ai envie de grandir mais … pas physiquement … »

La demande initiale du jour : arrêter d’avoir peur

La demande diminuée : elle n’aura plus peur quand elle contactera une association de bénévolat.

Les solutions adoptées : elle a essayé de se raisonner par rapport à ses peurs mais bien sûr sans résultat.

La stratégie  : Je pars une fois encore sur les parties car j’ai senti un tiraillement entre envie de grandir et peur de se faire remarquer.

Je vous livre l’essentiel du dialogue

- C’est comme si une partie de vous voulait grandir et qu’une autre partie de vous voulait restait petite. C’est ça ?

- Oui, j’ai toujours su que j’étais complexée par ma taille mais je n’avais jamais vu les choses sous cet angle.

- Comment pourrait-on nommer ces 2 parties ?

- Il y a la hauteur si je puis dire …et le minimum.

- Si ces deux parties pouvaient se parler qu’est-ce qu’elles se diraient ? Que dirait par exemple le minimum à la hauteur ?

- Il dirait « ne va pas trop vite »

- Et que répondrait la hauteur ?

- « Moi j’ai besoin d’avancer, j’ai 62 ans. J’aimerais bien que tu partes ». Si je pouvais m’en débarrasser …

- On pourrait peut-être commencer par donner juste un peu de place à celle qui veut grandir.

- Bon alors le minimum dit «  aide-moi ».

- Vous voulez qu’elles collaborent ? Réponse affirmative. J’ajoute : qu’en pense la hauteur ?

- Elle dit «  bon, je vais y aller par étapes ».

- Donc la hauteur tient compte de ce que dit le minimum ?

- Oui, elles disent «  on y va ensemble ».

La tâche : Quelle petite expérience pourrions-nous mettre en place pour aller dans le sens de votre demande « vous faire plaisir » ?

-Je pourrais me lancer dans le bénévolat. Il y a plein d’associations qui m’intéressent : les blouses roses, une association d’enfants de prostituées, la lecture à l’hôpital…

Je pourrais me renseigner sur toutes les associations …

- Comment ?

- En allant sur internet

- Quand pourriez-vous faire ça ?

Elle réfléchit … puis dit : « mercredi, comme ça on pourrait se revoir vendredi ».

L’ échelle : 8

Waouh ! Vous êtes vraiment motivée !

Et je freine !

Et nous prenons RDV.

Sur le pas de la porte Marie-Thé m’a dit : « On est en bonne voie !» J’ai senti la force de l’alliance et ça m’a touchée ; j’en ai oublié de reprendre les forces de frein !


 

4ème séance :

Marie-Thé arrive en forme. Ca se voit. Je lui demande : « comment ça va bien ? ». Ca la fait rire et elle répond « bien, bien ». « Comment ça se voit ? »

Elle a rencontré une dame qui lui a donné les coordonnées de la personne qui s’occupe de toutes les associations bénévoles. Elle a quand même vérifié les informations sur internet.

Je continue à la questionner pour savoir ce qu’il y a eu comme autre changement :

Et quoi d’autre ? 

- Ah ! oui ! il y aussi cette dame qui m’a téléphoné et avec qui j’ai discuté pendant 1 heure. A la fin elle m’a remerciée car ça lui avait fait beaucoup de bien de me parler de ses problèmes.  Et moi ça m’a fait plaisir de l’écouter.

- Et quoi d’autre encore ?

- On a été invité avec mon mari chez des gens que l’on connaît depuis peu et j’ai dit oui alors que j’avais plein de choses à faire ! Notre hôtesse m’a dit : « ça m’a fait plaisir de discuter avec vous ». J’étais étonnée de voir qu’on pouvait éprouver du plaisir à être avec moi.

- Qu’est-ce que vous avez ressentie ?

- Ca m’a renforcée.

- Et quoi d’autre encore ?

- J’ai atteint tous mes objectifs. Même avec mon mari ça se passe mieux. IL est plus attentif à moi et il se trouve aussi qu’il a cessé toute activité depuis peu.

Elle conclut en disant qu’elle se sent bien quand elle aide les gens.

Puis elle enchaîne : « Là je dois téléphoner à cette responsables des associations mais il y a un truc qui bloque ».

L’exposition du problème :

Elle a encore peur de ne pas être à la hauteur. Elle hésite entre travailler avec des enfants (soutien scolaire) et les personnes âgées. Ce qui l’embête c’est qu’elle se trouve des excuses pour ne pas y aller : «  je pars souvent en vacances… je ne suis pas disponible tout le temps… »

La demande : oser y aller.

La demande diminuée : quand je prendrai RDV avec cette fameuse directrice des associations bénévoles.


 

Les solutions déjà adoptées : rien de particulier

La stratégie choisie : les parties

- C’est comme si une partie de vous voulait y aller et une autre ne veut pas…

- Oui, une partie de moi veut y aller et une autre partie attend. J’attends qu’on vienne me chercher car si on vient me chercher c’est que l’on reconnaît ma valeur.

- Et si on faisait parler ces deux parties qu’est-ce que ça donnerait ?

Si je résume brièvement le dialogue ça donne ceci : celle qui veut y aller ne veut pas attendre, elle a envie d’oser et celle qui ne veut pas y aller a peur de prendre des risques mais à la fin elle accepte de faire un premier pas.

Elle ne veut pas parler à son mari de ce projet car elle veut y arriver toute seule : « je n’ai jamais rien fait par moi-même. Et surtout si je ne vais pas jusqu’au bout de ce projet je ne voudrais pas que mon mari pense que je commence les choses sans les terminer.

La tâche : quelle petite expérience pourrait représenter ce premier pas ?

Marie-Thé répond : « téléphoner à la directrice pour la rencontrer ».

L’échelle : 10.

Waouh ! Vous êtes motivée !

Et je freine «  ça ne sera peut-être pas facile » et prise de RDV 


 

5ème séance :

- Qu’est-ce qui s’est bien passé pour vous cette semaine Marie-Thé ?

- Je vais bien. J’ai retrouvé le goût de faire des choses.

J’ai trouvé cette phrase très belle et j’ai compris que la fin de la cure n’était pas loin.

-Comment ça se voit ?

Eh bien on est parti dans notre région natale pour vendre la maison familiale et je n’ai même pas eu peur en voiture ! J’ai dormi 3 fois !

-Waouh ! Comment avez-vous fait ?

Rien de particulier, ce sont les séances qu’on a faites ensemble, je pense. Je n’y ai même pas pensé. Le déménagement s’est bien passé même si c’était émouvant. Avec mon mari c’est bien mieux.

-Comment ça se voit ?

Il m’écoute, il m’aide.

-Comment avez-vous fait ?

Je lui ai demandé de partager davantage le quotidien à la maison.

-Et ça vous a fait quoi ?

Ca m’a fait plaisir ! En fait quand je lui demande de faire quelque chose il le fait toujours de bon cœur. Il a toujours été comme ça mais il faut demander. Il n’a pas changé, c’est moi qui ai changé (rires).

Je lis beaucoup plus (une de ses tâches était de lire) et maintenant quand le film que mon mari regarde ne m’intéresse pas je vais dans ma chambre et je lis (ce qu’elle faisait avant mais en râlant contre son mari. La situation n’a pas changé mais son filtre est différent).

L’exposition du problème :

Marie-Thé a encore un problème à régler : « Je me pose encore la même question : je m’engage dans le bénévolat ou pas ? D’un côté j’ai envie, de l’autre je me dis : tu fais déjà plein de choses : yoga, natation, marche, lecture… »

Elle se demande ce que les autres vont en penser. Elle dit qu’elle connaît la réponse :

«Ne penses-tu pas que tu as suffisamment d’occupations ? Qu’est-ce que tu vas t’embêter ? » 

 

La demande initiale : Qu’est-ce que vous aimeriez voir changer maintenant ?

 

-J’aimerais me libérer du jugement des autres.

La demande diminuée : Quand j’aurai eu la directrice au téléphone ! Je ne suis pas arrivée à l’avoir la semaine dernière. ( je la sens tenace)

Les solutions déjà adoptées :

Rien car c’est nouveau pour elle.

La stratégie choisie : les parties. Pourquoi ce choix ? Elle a donné les deux parties elle-même au début.

-On dirait qu’une partie de vous a envie d’expérimenter le bénévolat auprès de personnes âgées et qu’une autre partie ne veut pas de contraintes. C’est bien ça ?

-Oui

-Comment pourrait-on les nommer ces deux parties ?

-Il y a la Marie-Thé qui rêvait de devenir infirmière, un rêve qu’elle n’a pas réalisé. C’est pour cela qu’elle veut faire du bénévolat à l’hôpital.

Et la Marie-Thé qui bloque, celle qui ne veut pas de contraintes.

-Et si ces deux parties pouvaient se parler qu’est-ce qu’elles se diraient ?

En résumé :

La Marie-Thé qui bloque  croit qu’on ne peut pas faire ce qu’on veut dans la vie ( cf son père et son mari qui lui ont dit qu’il ne fallait pas se plaindre)

Alors que La Marie-Thé qui rêvait d’être infirmière  a quand même envie d’essayer, pour ne pas avoir de regret. « J’ai besoin d’aller jusqu’au bout de mon rêve même si ça ne marche pas ».

Finalement La Marie-Thé qui bloque  lui dit : « bon, si tu as besoin d’essayer, vas-y, fais-le ».

Et l’autre la remercie.

La tâche cherchée ensemble :

-Et que pourrions-nous faire avec ces deux là ?

-Il faudrait que la Marie-Thé qui rêvait d’être infirmière fasse quelque chose pour aller jusqu’au bout de son rêve…

-Une petite expérience ?

-Téléphoner à la directrice, la dernière fois je ne l’ai pas eue mais je vais insister.

-Et pourquoi pas une lettre de motivation ? (j’essaie de proposer autre chose que le téléphone puisqu’elle a déjà essayé le but étant de lui faire faire des expériences nouvelles)

-Ouais…

Comme je la sens hésitante je lui propose 2 échelles une pour la lettre et une pour le téléphone.

Echelle pour la lettre : 7 Echelle pour le téléphone : 9

-Waouh ! Comment faites-vous pour être à 9 pour le téléphone ?

-C’est parce que je veux entendre sa voix. Si le courant passe je continue, si je ne le sens pas je laisse tomber.

Frein «  ca ne sera pas facile peut-être »

Marie-Thé m’annonce qu’elle souhaite arrêter la cure puisqu’elle va bien. Il ne me reste plus qu’à apporter la bouteille de champagne promise au groupe au premier résultat spectaculaire.


 

Bilan de la cure

Début de cure :

Marie-Thé est effondrée. Elle est en larmes suite au décès de son père. Elle se sent seule, inutile et désorientée (son père était son pilier).

Elle est complexée intellectuellement.

Elle n’ose pas se positionner, n’exprime ni ses pensées (pas intéressante) ni ses émotions.

Elle s’ennuie dans son couple et projette beaucoup de choses sur son mari : il ne l’écoute pas, il ne communique pas ses ressentis, il ne la comprend pas. Elle est jalouse de lui car il des passions.

Elle a des peurs qui la paralysent : peur de la voiture, de l’avion, peur du regard des autres, de l’échec.

Elle se sent « soumise » et fait plaisir à tout le monde sauf à elle.


 

Fin de cure :

Marie-Thé parle à son mari et réalise qu’il la comprend. Elle ne parle plus de son père. Elle dort en voiture. Elle se sent utile et valorisée. Elle éprouve du plaisir à aider les gens. Elle veut pour la première de sa vie accomplir quelque chose toute seule : le bénévolat. Elle a retrouvé le goût de faire des choses.

Elle lit beaucoup plus.

Elle se définit positivement comme quelqu’un de fiable et sérieux.

Elle veut aller jusqu’au bout de son rêve même si ça ne marche pas : elle n’a plus peur de l’échec.

Sa relation avec son mari s’est considérablement améliorée. Elle reconnaît que lui a toujours été là. C’est elle qui a changé et qui pose un nouveau regard sur lui.

Son filtre perceptif est positif et son système a retrouvé sa stabilité. 


 

3 mois plus tard…

Marie-Thé m’envoie spontanément un petit mot pour faire le point :

«  Bonsoir Fatima,

Depuis février, que le temps a  vite passé!

J'ai repris mon rythme de croisière et je vais beaucoup mieux, je me rends compte maintenant 
et après avoir bien réfléchi que le bénévolat aurait été un plus qui m'aurait beaucoup trop envahie. 

Je pense que durant ces mois difficiles à traverser, j'avais un vide à combler !
je tentais de compenser mon mal être par une activité qui me tenait à cœur… 
L'essentiel aujourd'hui est pour moi de bien profiter tout en m'ouvrant aux autres et surtout de me rendre disponible pour ma petite fille dès que l'occasion se présente ; je fais beaucoup de choses 
avec elle que je n'ai pu faire avec mes filles......

Je pars faire un stage de yoga et je m'en réjouis, nous serons une dizaine de personnes, je ne connais personne mais peu importe, ce sera  certainement très sympa…

Si besoin, je n'hésiterai pas à reprendre contact, car je garde un excellent souvenir

de vous et de nos échanges 

Marie-Thé

 


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